Un week-end un auteur | Sempé : deliveroo, thon et Petit Nicolas

Bordeaux, sous un ciel gris, assez morne.

Je me suis dit pas plus tard que vendredi soir que ce serait chouette de sortir d’une logique d’actualité et de réactivité empressée et de vous faire découvrir quelques auteurs, cinéastes, tout artistes et penseurs confondus que j’affectionne… pour ce faire j’ai décidé de débuter avec Sempé.

Pourquoi lui et pas un autre ? Je croule sous ses dessins et ses livres, on le connaît tous, sans le connaître vraiment jusqu’au bout, il est presque aussi drôle que nos amis de Science Pipo, il me fait parler d’humour alors que je n’en ai que trop peu. Et c’est un proche parent Bordelais.

Incontournable en somme.

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Paris, quand la Tour Eiffel n’est pas ensevelie sous la neige

Qui est Sempé ?

Jean Jacques Sempé est né le 17 août 1932 à Pessac, et oui il n’est plus tout jeune, mais toujours vivant ! On le connaît surtout pour être le dessinateur du Petit Nicolas, pourtant il est bien plus que ça, aussi bien en France que partout ailleurs.

Sempé n’a jamais été très heureux dans sa famille, très tôt il s’enfuit en bicyclette dans les villages, vend des boîtes de thon et se paye des coups dans les bistrots avec son butin. Il commence à dessiner à 12 ans, des dessins humoristiques. En petit Labruyère de trois pommes, il dessine les caractères qui l’entourent.

Il quitte l’école à 14 ans et devient livreur déliveroo, lançant une vague d’ampleur internationale. Il dessine de plus en plus et publie ses dessins dans le journal Sud Ouest. Puis très vite, après un rapide passage dans l’armée, il travaille pour un journal belge, accouche du Petit Nicolas et l’élève aux côtés de Sud Ouest. Très vite il réussit à vendre ses dessins  à de nombreux journaux jusqu’à ce qu’il soit invité par Françoise Giroud à dessiner pour l’Express.

 A ce moment Jean-Jacques devient à proprement Sempé, et en jeune Rastignac, il conquiert le Tout Paris. Plus tard il est invité à réaliser la couverture du New Yorker et en réalisera une bonne centaine, son envergure est devenue planétaire.

Après le succès du Petit Nicolas, Sempé prend l’habitude de publier chaque année un nouvel album de dessin. La Monnaie de Paris lui demandera même de dessiner une série de pièces en or et argent. Il choisit la thématique du vélo qui incarne pour lui le principe cardinal de la devise républicaine : la liberté («le vélo, c’est un moyen simple d’être libre. Vous lâchez les mains du guidon, et vous voilà libre d’aller où bon vous semble »).

Sciences Po, en l'an 500 avant JC.
Sciences Po, en l’an 500 avant JC.

On ne peut pas cantonner Sempé à la classe A de dessinateur tant son travail est singulier. C’est un génie du regard, un moraliste, un grand humaniste, un synesthète. Son œuvre est à la fois drôle, poétique, incisive. Perché au septième étage d’un immeuble parisien, il domine les toits, et songe, tel un anthropologue endormi, au monde qui l’entoure, à la vitesse effrénée de la marche des journées. Sempé ne veut pas faire rire aux éclats, il veut faire sourire, il peint la fresque de cette vaste « comédie humaine », de l’anxiété de la paroissienne qui s’adresse à Dieu, au vague à l’âme d’un couple élimé. Il scrute les angoisses tapis au sein de chacun et les joies insouciantes du quotidien.  « L’humour, aime t-il à répéter, est une façon de se tirer d’embarras sans se tirer d’affaire ».

Je n’ai rien dit de Sempé, mais je vous laisse découvrir le bordelais par vous même.

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Sincèrement vôtre,

Hortense Lugand

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