Sur les cendres de Banksy, la FIAC 2018

La FIAC 2018, PARIS, 195 Galeries se font faces au Grand Palais venues de 25 pays différents.

Un évènement incontournable

La FIAC est un rendez vous très important de l’art contemporain (elle fait partie avec Art Basel et la FRIEZE de Londres des grands rendez vous de l’art contemporain), elle fut crée en 1974 à Paris et se conçoit comme un lieu de vente et d’exposition faisant le lien entre galeries, collectionneurs, directeurs de musée, conservateurs et toutes les personnalités de la scène artistique.
La FIAC permet de prendre le pouls de la situation économique et créative d’une certaine manière de l’art contemporain, elle est gérée par une organisation privée et doit faire face à la concurrence exercée par l’augmentation rapide de foires concurrentes.

L’histoire de la FIAC n’est pas linéaire, cet évènement a dû relever quelques défis, notamment contre la concurrence de la foire londonienne apparue en 2003 à la même période, en se modernisant (plus de place à l’art moderne face à l’art contemporain* / prise en compte de l’art vidéo et du design depuis 2004) et revisitant son aspect trop muséologique qu’on pouvait lui reprocher. La nomination de Jennifer Flay, personnalité reconnue en nouvelle Zélande a rehausser la qualité de sélection des exposants.

La FIAC orchestre de nombreuses activités : prix Marcel Duchamp à la création française, programme hors les murs, discussions et autres pérégrinations..

Reflet d’un monde à part

Mais si la FIAC brille aux yeux de certains, elle est aujourd’hui vivement critiquée pour l’élitisme qu’elle façonne, reflet d’un monde à part, contrôlé par la puissance financière.
Cet événement reflète non seulement la distance de beaucoup par rapport à ce qui se joue entre les murs du Grand Palais, mais également la prédominance de certains acteurs, les grandes galeries, sur le milieu. En effet de par les tarifs et la sélection d’un jury, il est très compliqué pour les petites galeries de se faire une place au sein de l’évènement et par la même occasion aux jeunes artistes de s’imposer, car aussitôt la Porte Dorée du Palais passée, le cri révolté de Banksy disparaît…

Le constat de cette 45 eme édition est le suivant : beaucoup d’artistes américains, une percée de la scène artistique chinoise et coréenne..  beaucoup de jeunes artistes français exclus de cette rencontre..et c’est en réaction à l’inaccessibilité de ces grands foires, que ce dressent au même moment dans la capitale de nombreux évènements artistiques, une FIAC OFF avec Arts Elysée, Ex Young international Art faire, Asia Now… A 38 euros l’entrée, il est clair que la FIAC ne fait pas dans le populaire, d’où la rapide popularité de ces rencontres annexes. Ainsi, le président d’Art Price (médias spécialisé dans la vente d’art contemporain) a invité la Fiac (dont la présidente Jennifer Flay) à « desserrer cet étau élitiste et anglo-saxon pour ouvrir sa porte aux jeunes talents français« .

Qui aimerait s’adresser à un plus grand monde

Pourtant, si la FIAC n’entend pas drainer les foules et concentre ses charmes vers une aristocratie plus modeste, elle ne se lasse pas d’étendre ses vitrines et de faire parler d’elle.. elle s’exporte dans tout Paris, à coup d’installations et de sculptures tape à l’oeil, elle prend ses quartiers.. mais pas n’importe où … On la retrouve place de la Concorde ou encore Place Vendôme et même dans les jardins du Palais Royal.

Face à la problématique des inégalités entre petites et grandes galeries (concentre 70% des parts de marché de l’art), et cette hyper concentration sur quelques artistes, stars du marché de l’art, la présidente de la FIAC a mis en place quelques mesures, bien que modestes, pour diversifier le public d’exposant :
– 10 exposants sur 100 ont été retenus et le coût de leur de séjour est pris en charge par les Galeries Lafayette ainsi que la FIAC.
– les prix des stands ont été augmentés de 5% pour les grandes galeries et baissés de 2% pour les plus petites.

Pourtant la FIAC est piégé dans cette inertie qui enveloppe le marché de l’art : une spéculation autour d’ artistes stars, quitte à passer à côté de nombreux talents, l’engouement pour les peintres classiques et la bataille au juste prix.

Les artistes qui font parler d’eux

Ali Cherri, le chouchou libanais et son oiseau Volant aux Tuileries

 


L’allemande Katharina Grosse et son installation colorée

Le grand DORIT de Franz West aux Tuileries

 

*« L’art moderne représente une période initiée par Edouard Manet et les peintres impressionnistes dans les années 1870. Elle durera jusqu’au milieu des années 1950 avec l’apparition du pop art. La principale caractéristique de l’art moderne est la rupture avec le classicisme et la diversification des médiums utilisés pour faire de l’art.
L’art contemporain vint alors succéder à la période moderne et se définit à travers les nombreux styles apparus depuis les années 1960 à nos jours. C’est donc une manière générale de désigner l’avancement dans l’histoire de l’art, qui se caractérisera notamment par une forte composante technologique et numérique » (source : Amina Daoud pour thakafat).

 

Hortense Lugand

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