Suède: un roi sans gouvernement

Un mois après les élections, la Suède est toujours dans l’impasse politique, Ulf Kristersson chargé de former le nouveau gouvernent ayant abandonné le 14 octobre.

La déferlante n’a pas été aussi forte que ce qu’on aurait pu imaginer. Et pourtant les législatives ont bien montré qu’un changement était bel et bien en train de se produire dans le pays des Vikings, d’Ikea, d’ABBA, de Spotify et de ce fameux modèle social suédois vanté bien au-delà des frontières du royaume.

Les Suédois étaient appelés à élire leurs 349 députés (au scrutin proportionnel) le 9 septembre dernier. Résultat : aucune majorité claire ne se distingue. La coallition de centre-gauche du premier ministre sortant Stefan Löfven (40,6%) dépasse d’une courte tête celle de centre-droit (40,3%). Les Démocrates de Suède (SD), parti ouvertement anti-immigration de Jimmie Akesson, ferme le podium (17,6%). Ils connaissent une nette avancée en comparaison avec 2014 où ils avaient recueilli moins de 13% des suffrages exprimés.

Une percée applaudie par toute la droite eurosceptique européenne. Sur Twitter, le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini, s’est réjoui que la Suède « patrie du multiculturalisme et de l’immigration sauvage », ait enfin dit « non à cette Europe de bureaucrates et spéculateurs, non aux clandestins, non à l’extrémisme islamique ». Mamma Mia.

Et maintenant qui gouverne ?

Une du Dagens Nyheter, le 26 septembre dernier

« C’est du jamais vu » affirme John Hultengård, étudiant à l’université d’Uppsala et militant du Centerpartiet. Une analyse partagée par le Dagens Nyheter, un des grands quotidiens nationaux qui titre « I vänta pa en regering » (« en attendant un gouvernement »), accompagné d’une photo « sur laquelle devraient normalement figurer les membres du nouveau gouvernement, qui posent habituellement devant la Diète royale de Suède, le palais abritant le Parlement. Mais cette année, le perron est vide », explique Courrier International.

Un seul siège sépare les deux coalitions au parlement, difficile de former un gouvernement. Stefan Löfven, a dû démissioner de ses fonctions le mardi 25 septembre, suite à une motion de censure Pendant ce temps, le modéré Andreas Norlen devenait le nouveau capitaine du Riksdag. Du centre-droit à l’extrême-droite toutes les formations politiques ont voté de concert contre l’ancien premier ministre.

Alors après avoir été pendant longtemps sous pavillon socio-démocrate, le nouveau gouvernement du Royaume sera-t-il pour la première fois composé d’une coalition entre la droite et l’extrême-droite ?

Pas si simple, puisque le Centerpartiet et sa présidente Annie Lööf, appartenant à la coalition a refusé au long de la campagne tout rapprochement avec la formation de Jimmie Akesson. Pour John Hultengård, un gouvernement avec le SD « ferait voler en éclat Alliansen, le projet de coalition centre-droit des partis. Il est probable que ce gouvernement ne tiendrait pas longtemps ».

De nouvelles élections alors ? Peu probable selon John, « personne ne veut de nouvelles élections, le SD en profiterait le plus ». Pour lui l’issue probable est une coalition entre sociaux-démocrates, libéraux et le Miljöpartiet (les Verts). Quid du Centerpartiet. « On ne soutiendra pas ce gouvernement mais on ne votera pas contre non plus, c’est sans doute la solution la moins pire ». Affaire à suivre.

Jordan Dutrueux

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