Rendez-vous en mobilité inconnue : l’Urbex, petit revival d’une année à Berlin

Lors de son année Erasmus à Berlin l’année dernière, Hortense a découvert l’Urbex, appellation commune de l’urban exploration. Elle nous en parle aujourd’hui.

 

A la place de venter tous les charmes de la ville de mon Erasmus (il y aurait trop à dire), je préfère parler de l’Urbex, activité que j’ai découverte et pratiquée régulièrement là-bas. L’urbex aussi communément appelé urban exploration, c’est l’exploration, la prise de photo dans des lieux souterrains ou abandonnés, le niveau de difficulté et dangerosité variant complètement d’un lieu à un autre.

Berlin, en raison de son passé, recèle un nombre extraordinaire d’anciennes carcasses. Communisme, guerre froide, nazisme, tout y est, l’histoire peut se vivre, il ne suffit que de prendre le temps, beaucoup de temps parfois, pour aller s’aventurer dans quelques forêts environnantes, passer sous quelques barbelés ou simplement appeler un gardien et prendre rendez vous. C’est ainsi que j’ai pu retenir quelques lieux particulièrement impressionnants. Une de mes premières expériences, à quelques heures de la ville, un village entier (on disait que 12 000 habitants y résidaient) entièrement vide, une salle des fêtes où trônent encore les symboles bolchéviques, des statuts de Lénine qui se dressent au milieux des pins, les ruines en disent long, on croirait rêver et pourtant on n’a pas changé de temporalité.

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Une autre fois, un matin de février, la neige vient de tomber, crisse sous nos pas, je pénètre accompagnée (il vaut mieux toujours être escorté) dans un ancien sanatorium, le lieu est immense, quelques salles taguées, d’autres totalement détruites et en pénétrant dans le salon, un immense piano. Il ne marche plus, mais il se dresse là, hors du temps. Un tabouret a même était laissé là, au cas-ou au détour d’une promenade, quelqu’un viendrait y jouer quelques notes.

La fascination qu’exerce l’urbex sur certains comme sur moi, c’est l’aspect presque archéologique, la sensation de revenir sur des lieux anciennement habités ou s’est déroulée une histoire qui, si on est attentif, est encore visible. Il y a dans l’urbex une alliance entre nostalgie et aventure, on ne sait jamais ce sur quoi on tombe, mais souvent quelqu’un est passé là et a laissé sa trace. La décrépitude des lieux s’accompagnant bien souvent d’une nature vivace qui reprend ses droits, offre un paysage poétique presque prémonitoire.

 

Hortense Lugand

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