Regards sur le FAB #1 : Les 7 Minutes

Depuis le 1er octobre et jusqu’au 22, le FAB mêle théâtre, danse, cirque, cinéma, photo…. Le quoi ? Mais si vous savez, vous avez vu partout ces grandes affiches orange, avec leurs improbables bêtes sauvages et leurs grandes lettres : FiABm, pour Festival International des Arts de Bordeaux Métropole. Vous avez sûrement admiré aussi, ces gigantesques dominos s’affalant les uns sur les autres, de Saint-Michel au miroir d’eau. Pendant toute sa durée, les petites mains du Bureau Des Médias couvrent pour vous le festival. On commence avec le récit d’un spectacle singulier, « Les 7 Minutes », joué le week-end dernier à Saint-Médard-en-Jalles et Bordeaux.

C’est une promenade comme bien des promenades dominicales. Un après-midi d’automne place Stalingrad. Au détour d’un parc ou d’un café, on y croise des Mr Tout-le-Monde, un couple en crise, un serveur à cran, un homme d’affaires à bout…

Sauf que cette balade n’est pas banale. Ce sont « Les 7 Minutes », sorte de jeu de piste théâtral à travers la ville, un spectacle proposé par le FAB et conçu par la Compagnie Volubilis. Par groupe, les spectateurs arpentent le quartier. Huit étapes jalonnent le parcours, pour autant de pièces chorégraphiques de 7 minutes chacune.

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Y a pas à dire, les acteurs se donnent à fond.

Et ces gens ne sont pas des gens normaux. Ils sont légèrement dérangés, voire complètement détraqués. Pas si différents de nous finalement, mais eux laissent éclater leurs névroses au grand jour. A mi-chemin entre la danse, le théâtre et le cirque, les comédiens enchaînent pirouettes, sauts, roulades et autres acrobaties en pleine rue, sous le regard médusé de simples badauds tombés là par hasard.

Saynètes après saynètes, nos habitudes de spectateur sont chamboulées, pulvérisées même. Exit le confort du fauteuil, il faut se hisser sur la pointe des pieds, se décaler, jouer des coudes, pour suivre du regard ces personnages incapables de tenir en place. L’espace urbain redevient ce qu’il est : le théâtre de petits moments de vie. Des scènes de vie quotidiennes inattendues, drôles souvent, déroutantes la plupart du temps, absurdes et décalées, toujours.

D’ailleurs, le spectateur est lui aussi mis à contribution. Il est pris à parti, invité à donner la réplique aux comédiens. Il s’échine à démêler l’improvisation du texte, à tirer sur ce fil rouge qui se dessine petit à petit, liant tous les personnages jusqu’à une scène finale en apothéose.

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Le genre de mariée complètement frappée qui ne donne pas DU TOUT envie de s’engager.

C’est un peu ça le FAB, cet esprit de folie. Abattre les murs, jouer en pleine rue, dans une forêt, sous un pont. Abattre aussi les frontières entre public et scène, dynamiter les sentiers battus à grand renfort de formats atypiques, de projets hors-norme. Allier une esthétique très contemporaine à des propositions finalement très accessibles. Un peu de tout, et tout ça à la fois. Bref, un festival qui pourra plaire même au plus néophyte, pour peu qu’il suive avec attention les propositions du BDM : stay tuned !

 

Aude Le Gentil

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