Qui sont les étudiants étrangers de Sciences Po Bordeaux ? #1 : Esma, étudiante turque

On accorde souvent beaucoup d’importance aux élèves de troisième année revenus d’Erasmus pour aider nos 1A à faire leur choix de destination de mobilité, et on en a oublié presque que Sciences Po aussi accueille des étudiants étrangers. Vin Rouge Encre Noire est allé à la rencontre de certains d’entre eux pour les ramener sous le feu des projecteurs. Aujourd’hui c’est au tour d’Esma, étudiante en sciences politiques à l’université Galatassaray d’Istanbul, de nous raconter son expérience française, débutée le 3 Septembre.

 

Pourquoi avoir choisi la France, et plus particulièrement Bordeaux comme destination pour cette année Erasmus ?

J’apprends le français depuis trois ans, dans le cadre de mes études. En Turquie, j’étudie à l’université de Galatassaray à Istanbul, une université francophone. J’avais donc envie de partir en France pour perfectionner mon français. En plus, j’ai des amis qui étaient déjà venus à Bordeaux et ils m’avaient conseillé la ville car ils l’avaient trouvée très agréable et bien située pour voyager dans le sud de l’Europe, notamment en Espagne. Pour ce qui est du choix de l’école, cela tient surtout au fait que Sciences Po Bordeaux soit un partenaire majeur de Galatassaray.

 

Comment trouves-tu les cours à l’IEP et la vie à Bordeaux ?

A l’IEP, je suis le programme « Certificat d’Etudes Politiques ». J’ai donc certains cours entièrement liés à ce programme, comme mes conférences de méthodes de culture générale et d’études politiques ou le cours de « Langue et civilisation française ». J’aime bien le principe des conférences de méthode car on a l’occasion d’aborder des sujets qui nous interpellent sur la vie en France. Sinon j’ai également des cours en amphithéâtre comme les étudiants de Sciences Po. Les cours ne sont pas très différents de ceux de Galatassaray puisque là-bas les professeurs sont soit français soit ont étudié en France. Mais c’est vrai que je trouve les cours ici plus motivants. Disons que j’ai davantage envie de progresser, alors je suis plus attentive. J’aime beaucoup la vie et les cours à Sciences Po, je réfléchis même à venir y faire mon Master.

Pour ce qui est de Bordeaux, la ville me plaît énormément. C’est une ville paisible et il y a beaucoup de belles choses à découvrir dans les alentours. Je suis allée à Arcachon, à la Dune du Pilat, à Lacanau et aussi à Saint Emilion, où j’ai fait une dégustation de vin. C’était super !

 

Quelle a été la plus grosse difficulté que tu as rencontrée quand tu es arrivée en France ?

La principale difficulté en arrivant a été le logement. Je suis arrivée avec des amis et nous devions récupérer des logements étudiants du Crous, pas loin de Sciences Po. Mais cela a été très compliqué. On nous a dit que notre dossier était incomplet alors nous ne pouvions pas avoir de chambre. Il a fallu attendre longtemps avant de trouver une solution. En plus, dans la même journée nous devions passé l’examen pour le Certificat d’Etudes Politiques. J’ai eu beaucoup d’autres préoccupations administratives, surtout liées au fait que la Turquie n’appartient pas à l’Union Européenne. J’ai ouvert un compte bancaire en France, il a fallu s’occuper de la sécurité sociale… Maintenant, il ne me reste plus que la carte de séjour à faire.

 

Qu’est ce qui t’as le plus marqué quand tu es arrivée en France ?

J’étais déjà venue à Paris pendant un mois l’été dernier, alors je connaissais déjà un peu la France. Je n’ai donc pas eu beaucoup de surprises au niveau du pays. Par contre, je me suis rendue compte que les Français avaient parfois beaucoup de préjugés sur la Turquie. On nous a par exemple demandé si on utilisait la fourchette en Turquie ! Nous sentons aussi un peu de discrimination envers les musulmans en France. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi le port du voile n’est pas autorisé. La Turquie est aussi un pays laïque et pourtant c’est permis.

 

Qu’est ce que tu as le plus envie de découvrir pendant ton année?

J’ai beaucoup d’envies contradictoires…  A la Toussaint, j’aimerais partir en Norvège, tout au Nord, alors que je suis venue dans le Sud de la France. Sinon, j’ai deux objectifs majeurs cette année : progresser en français et faire le tour de l’Europe.

 

Quelle est la plus grosse différence entre la Turquie et la France ?

Il y a en a beaucoup. Je pense que les plus grosses différences sont liées à la politique. Par exemple, en France, vous reconnaissez le génocide arménien alors qu’en Turquie non. Et comme je le disais tout à l’heure, il y aussi la question du lien entre la politique et la religion. Les deux sont radicalement séparés en France. En Turquie la séparation est moins forte. Sinon je trouve la vie plus paisible ici et je me sens davantage en sécurité. Le troisième jour où nous sommes arrivés, nous sommes partis au jardin public, c’est un endroit que j’aime beaucoup. C’est très calme et l’ambiance y est vraiment sympa. Les gens viennent en famille, avec leurs enfants pour pique-niquer. A Istanbul, à cause du contexte politique, on se sent plus menacé. Mais la Turquie me manque quand même, surtout pour les repas ! Heureusement, je suis une fan de fromages et je goûte tous les fromages français.

 

 

Propos recueillis par Anna Huot

©Declic

Related posts:

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*