Pas de printemps écologique sous l’ère Macron

Après deux semaines d’attente, Emmanuel MACRON a rendu public le nouveau gouvernement mardi dernier. Et quelle ne fut pas la stupeur, lorsqu’il a été révélé que la nouvelle secrétaire d’Etat à l’écologie était Emmanuelle WARGON, l’ancienne directrice générale aux affaires publiques de Danone ! Lucie, de l’association Echo’ logik, nous confie avoir été « vraiment choquée » de cette nomination. « Elle a travaillé chez Danone, une entreprise qui contribue à la pollution, aux problèmes d’alimentation à travers le monde, et elle se défend en expliquant qu’elle a fait avancer Danone sur ces questions », s’indigne-t-elle. Madame WARGON, après vingt ans de bons et loyaux services auprès du service public, a en effet travaillé durant trois ans dans cette entreprise privée. 

Il n’est pas rare qu’un membre du gouvernement ait auparavant travaillé dans une grande entreprise privée. Néanmoins, ce qui est le plus étonnant dans cette nomination, c’est le net décalage entre l’écologie et la nouvelle secrétaire d’Etat. Il s’agit d’une haute fonctionnaire, qui a travaillé au sein de la cinquième plus grande marque d’agroalimentaire au monde. Elle est ainsi accusée de lobbyisme et Lucie, comme beaucoup d’autres citoyens, voit en elle un « retour en arrière » alors que Nicolas HULOT était « davantage issu de la société civile ». 

Certaines paroles ont également alimenté le débat autour de son nouveau poste. Lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence en juillet 2018, Madame WARGON a tenu des propos assez favorables à l’huile de palme, expliquant qu’il s’agissait du « meilleur des ingrédients pour les laits infantiles ». Or, la production d’huile de palme est l’une des principales causes de la déforestation et des déplacements forcés dans l’Asie du sud-est. Dans son discours, elle explique reconnaître les conséquences mais considérer tout de même que cette huile est une nécessité. Désormais au gouvernement, elle affirme s’engager dans le « combat » contre son utilisation et suivre « la feuille de route » de François de Rugy. Notons également qu’elle se disait non « dogmatique » sur le sujet des OGM car « cela serait un refus de l’innovation et de la science ». 

Sa nomination peut également remettre en question la politique ambivalente d’Emmanuel MACRON. Le Président semble vouloir s’affirmer comme un leader mondial de la transition écologique, défendant la COP21 et plaidant pour un « pacte mondial pour l’environnement » ; mais sa politique intérieure fait tache. Yannick JADOT, en tête de la liste EELV a déclaré : « (il) peut faire les plus beaux discours sur l’écologie, les lobbys ne sont plus simplement des groupes de pression (…), ils sont officiellement les ministres ». Nicolas HULOT dénonçait justement la « présence des lobbys dans les cercles du pouvoir » lors de sa démission fracassante. 

Doit-on alors voir dans l’entrée d’Emmanuelle WARGON au gouvernement la preuve d’un lobbying des grands groupes agroalimentaires ? L’influence de Danone est indéniable puisque selon la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Danone serait intervenu onze fois auprès du gouvernement et de l’Elysée au cours des six derniers mois de l’année 2017.

Rachel.C

Related posts:

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*