On tend l’oreille au Paris Podcast Festival

Invitée du master class organisé par le Paris Podcast Festival, samedi 20 octobre, la co-fondatrice de BoxSons s’est livrée sur son passage de la radio au podcast.

À la question « comment passe-t-on de la radio au podcast ? », Pascale Clark répond « d’abord en se faisant virer ! ». Fous rires dans l’auditorium de la Gaîté Lyrique où se déroulait la rencontre animée par la journaliste de Télérama, Carole Lefrançois. C’est face à une salle comble que la célèbre journaliste qui a fait ses adieux à France Inter il y a deux ans est revenue sur son parcours, des ondes hertziennes jusqu’au podcast sur la Toile.

« J’aime le son à la radio »

Celle qui a animé nombre d’émissions à la maison ronde, telles que Tam-Tam au début des années 2000, puis A’live en soirée et Making-off avant son départ de France Inter n’a pas caché sa principale frustration : « les radios manquaient de son », confie-t-elle. À tel point que Pascale Clark ressent le besoin de dire « j’aime le son à radio » ! Pour elle, les radios étaient devenues des « lieux clos, un peu artificiel ». Comme déconnectés du monde.

Avec BoxSons, Pascale Clark s’affranchit de toutes contraintes

C’était un projet qui lui tenait à coeur, tout comme à sa co-fondatrice, Candice Marchal. Projet qui était déjà en cours de maturation au moment de son départ de France Inter le 18 juin 2016. Dix mois plus tard, à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, leur « bébé » voit le jour : « BoxSons ». Littéralement « boîte à son », les deux ex-journalistes des ondes hertziennes ont créé le premier média sonore payant sur Internet. Payant pour garantir l’indépendance des journalistes qui y officient.

Leur crédo ? Explorer le son sous toutes ses facettes. « Le son, le son tout seul, ça reste une énigme pour la plupart des gens » estime Pascale Clark. Rires, larmes, moteur de voiture, silence, vent, pluie… Tout son est bon à prendre.

Pascale Clark, au micro de Carole Lefrançois.

Retour aux fondamentaux : le terrain

« Notre ligne éditoriale, cest de passer du temps avec des gens qui incarnent lactualité ». En s’affranchissant des contraintes de temps imposées par la radio, les journalistes de BoxSons se donnent plus de libertés quant aux formats, et aux durées des podcasts. Certains durent 10 min. D’autres peuvent s’étendre pendant plus d’une demie-heure. Ce qui offre un tout autre rapport au média sonore. On n’écoute pas un podcast comme la radio. Avec la radio, « on peut écouter du son tout en faisant autre chose ». Le podcast, lui, recherche une proximité avec l’auditeur qui reste attentif à ce qu’il entend.

Et cette proximité, les journalistes de cette boîte à sons ne la rencontrent pas en restant cloitrés dans un studio. Non. Ils sont dehors. Sur le terrain. Pour rencontrer des personnes. Les écouter. Suivre leur quotidien. Puis raconter leur vie, tout en n’excluant aucun détail sonore pertinent pour immerger l’auditeur dans le reportage ou le documentaire.

« Chaque histoire vaut la peine d’être racontée », affirme avec conviction la co-fondatrice de cette boîte à sons, fière d’annoncer qu’une de leurs réalisations, Les petits revenants, fruit du long travail d’enquête mené par Emilie Denètre et Adèle Humbert, a reçu le prix franco-allemand du journalisme. Une enquête de plusieurs mois au cours desquels les deux journalistes se sont attelé à raconter des histoires. Celle d’Ivan à Nice, celle d’Abdelhakim dans la région lyonnaise, mais aussi celle de leurs enfants nés en France, partis en Syrie avec leurs parents radicalisés.

Caroline Robin

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