Nomination de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême: la victoire de Trump

C’est officiel : Brett Kavanaugh a été confirmé en tant que juge fédéral à la Cour Suprême des États-Unis en dépit des accusations d’agressions sexuelles qui pèsent sur lui. Faute de témoin, la courte enquête – seulement une semaine – menée par le FBI a dû prendre fin. Donald Trump, son soutien de la première heure, lui a d’ailleurs présenté des excuses au nom de la nation. Le président américain a évoqué « la douleur et la souffrance terribles » endurées par le juge fédéral.

Lors de sa cérémonie d’investiture, Brett Kavanaugh a prêté serment et a promis d’être un juge impartial. La Cour Suprême est selon lui une institution avant tout judiciaire. Elle n’aurait donc rien à voir avec une institution partisane et politique. Mais le fonctionnement actuel de la Cour Suprême accorde peu de crédit à cette affirmation car le juge de 53 ans, comme la plupart des membres de ce tribunal, revendique des idées politiques assumées. Sa position est parfois même ambiguë et annonce de profondes transformations. Alors qu’il déclare par exemple en 2006 respecter la jurisprudence relative à la reconnaissance de l’avortement comme un droit, il s’oppose onze ans plus tard à l’avortement d’une jeune migrante. Il est considéré comme davantage conservateur que son prédécesseur Anthony Kennedy.

La nomination de Kavanaugh aura donc certainement des conséquences culturelles déterminantes : avec son arrivée, les Républicains sont majoritaires à la Cour Suprême. Or celle-ci aborde des questions centrales de société, des protections sociales aux lois sur l’immigration, en passant par la peine de mort, le mariage homosexuel, le droit à l’avortement, le réchauffement climatique, l’encadrement du port d’arme ou encore les procédures électorales.

Une vague d’indignation se forme ainsi contre la confirmation du juge. Donal Trump jette de l’huile sur le feu en dénonçant à travers les accusations d’abus sexuels un hoax (un canular) orchestré par les démocrates en vue d’ébranler la candidature de Kavanaugh. Bien que le Sénat ait confirmé sa nomination, il n’est pas définitivement tiré d’affaire. Si les démocrates reprennent le contrôle de la Chambre des représentants le 6 novembre prochain, ils pourraient rouvrir l’enquête sur les accusations d’agressions sexuelles dont il a fait l’objet et déclencher un impeachment, ce qui mènerait à sa destitution. Mais cela reste peu probable dans la mesure où un vote à la majorité des deux tiers au Sénat est nécessaire pour mettre en place d’un tel processus.

Un an après la naissance du mouvement #MeeToo, cette affaire a provoqué de vives contestations. L’association Time’s Up a notamment déclaré sur Twitter ne « pas [être] surprise qu’un petit groupe d’hommes blancs ait pris une décision qui privilégie l’évaluation de la carrière d’un homme à tout le reste ». L’affaire Kavanaugh a donc soulevé des protestations contre l’administration Trump et son attitude discriminante envers les femmes. Si les opposants du juge n’ont pas réussi à empêcher sa nomination à la Cour Suprême, cet événement pourrait bien donner une nouvelle tournure aux élections de mi-mandat.

 

Justine W

https://news.artnet.com/art-world/heres-story-behind-viral-kavanope-graphic-1359625

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