Midterms : Washington et le pays coupé en deux

Alors que beaucoup étaient tombés dans les bras de Morphée, pour être fin prêt pour les festivités des 70 ans du Sciences Po bordelais, CNN, ses analystes politiques et les autres chaines d’info en continu étaient en ébullition. Ce 6 novembre 2018 était celui des midterms les fameuses élections de mi-mandat. Elles ont pour objectif de renouveler l’ensemble des 435 membres de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat, tous deux composant le Congrès. Les citoyens américains élisaient aussi leurs gouverneurs dans 36 Etats.
La campagne avait été rythmée dans son sprint final par un retour de Donald Trump dans la campagne des midterms. Il a déclaré devant ses supporters qu’il était sur le bulletin de vote faisant ainsi des élections un référendum sur sa personne.
Une occasion pour Trump de revenir à son cheval de bataille, la lutte contre l’immigration clandestine. Il a notamment annoncé vouloir durcir le droit des demandeurs d’asile et mettre fin au droit du sol par décret présidentiel. Une annonce critiquée dans son propre camp notamment par Paul Ryan, speaker à la Chambre des représentants. Et à Trump, comme à l’accoutumée de répondre par un tweet sommant « Paul Ryan à rester concentré à garder la majorité plutôt que de donner ses opinions sur un sujet dont il ne connait rien du tout ». Du côté démocrate, l’ancien président Barack Obama avait remobilisé les électeurs lors de plusieurs meetings.

Une vague bleue sur Capitol Hill ?
Il est 6h, heure française quand les médias outre-Atlantique annonce que le Sénat reste dans le giron du Grand Old Party, avec d’ores et déjà 51 sénateurs républicains élus. Les projections annoncent que le parti républicain devrait même voir sa présence renforcée au Sénat avec 2 sièges gagnés sur les démocrates.
Et c’est sous les coups de 9 heures que le site spécialisé Politico, annonce que les démocrates viennent de gagner la Chambre des représentants sous pavillon rouge depuis 2010. Le New York Times annonce des projections de 225 à 230 sièges pour le parti (218 étant suffisant pour obtenir la majorité).
A l’issue de ce scrutin, le Congrès est divisé. Nancy Pelosi, à la tête du parti démocrate se félicite que « demain sera un nouveau jour pour l’Amérique », que ces midterms « restaurent les checks and balances constitutionnels ». Et en effet, le changement de majorité à la Chambre va permettre à la Chambre d’occuper pleinement son rôle de contre-pouvoir. Donald Trump, lui n’entend pas de cette oreille et a salué sur Twitter « un énorme succès ce soir ». Et il est vrai que conserver la majorité au Sénat, permet de garder un pouvoir sur la nomination des juges fédéraux et des juges de la Cour Suprême où seule cette chambre peut les confirmer (comme on l’a vu récemment avec celle de Brett Kavanaugh).
Don Lemon journaliste à CNN, résume bien la situation « Vous pouvez parler d’une vague bleue si vous le voulez ou d’un mur rouge si vous le voulez ». Question de point de vue.

Nouveaux visages, têtes connues et grands vaincus
Le présentateur de CNN Tonight, poursuit en soulignant que cette soirée électorale est « The night of the women ». Et en effet, au moins 116 femmes ont gagné les élections selon le compteur crée à l’occasion par le Washington Post. 277 femmes étaient candidates pour le Congrès et les postes de gouverneur.

Source : The Washington Post (résultats non définitifs)

Parmi elles, de grandes premières à l’instar des démocrates Debra Haaland et Sharice Davids, premières femmes amérindiennes élues au Congrès. Ou encore d’Ilhan Omar et Rashida Tlaib premières femmes de confession musulmane élue au Capitole.
Alexandria Ocasio-Cortez devient quant à elle à 29 ans la plus jeune membre du Congrès. Candidate située à l’aile gauche du parti démocrate, elle avait mené sa campagne tambour battant notamment « en rejetant les contributions des grands donateurs démocrates et des grandes entreprises, coupables selon elle d’avoir rompu avec les préoccupations des classes moyennes » rapporte France 24.
Parmi les têtes connues, on retrouve le perdant de la primaire démocrate de 2016, Bernie Sanders qui a facilement conservé son siège de sénateur du Vermont. De même que Elisabeth Warren dans le Massachusetts, et fervente opposante à Donald Trump. Autre opposant à Trump, dans le camp républicain cette fois-ci, Mitt Romney élu dans l’Utah.
Des grands perdants il y en a aussi à l’image de Andrew Gillum qui aurait pu devenir le premier gouverneur afro-américain de la Floride. Donné gagnant dans les sondages, le swing state revient finalement à son adversaire Ron DeSantis, fidèle soutien de Trump n’hésitant pas à aller sur les plates-bandes de l’extrême droite. En Géorgie, Stacey Abrams, candidate afro américaine démocrate au poste de gouverneure a refusé de reconnaître sa défaite face au républicain Brian Kemp.

 

Jordan Dutrueux

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