EDITO: La primaire de la gauche, ou la mort du Parti Socialiste

© Joël Saget & Thomas Samson pour l'AFP

Sept candidats : Jean-Luc Bennahmias, François de Rugy, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Sylvia Pinel et Manuel Valls. Quatre socialistes, deux écologistes, une radicale de gauche. Deux scrutins, les 22 et 29 janvier prochains. Et un premier débat télévisé ce soir, pour lancer définitivement les Primaires Citoyennes. Comprenez, la primaire de la gauche. Pour Nelly, c’est ni plus ni moins que la survie du Parti Socialiste qui se joue.

Il ne fait pas bon être de gauche : un Président qui ne se représente pas (la seule bonne nouvelle sur le front), des commentateurs qui promettent depuis des semaines que le second tour se jouera entre Mme Le Pen et Mr Fillon, une gauche divisée comme jamais (je vous mets au défi de trouver un point commun entre Valls et Hamon). Pis, la gauche est prise en tenaille, sur sa gauche par Mélenchon, comme sur sa droite avec Macron. Risque terroriste, fragmentation de la gauche, développement de l’extrême-droite, droite ultra-libérale et anti-sociale… Cette conjoncture politique menace la Belle Alliance Populaire. Et ce d’autant que la réussite de la primaire de la droite oblige la gauche à réaliser un sans faute. Si le succès devrait être au rendez-vous, théoriquement, reste à savoir comment le vainqueur pourra unifier la famille politique. Je pèse mes mots lorsque j’écris que les semaines qui viennent décideront du futur de la gauche, tant au niveau national qu’international.

« La primaire va tenter de mélanger l’huile et le vinaigre »

La gauche a toujours pâti d’une contradiction, notamment vis-à-vis du marché. Elle s’est prétendue proche du peuple lors des différentes élections avant de se tourner vers la finance une fois élue. Récemment, c’est une ligne sociale-libérale ou social-démocrate qui a été choisie par le PS, ou du moins qui domine, avec les rixes dogmatiques que cela a entraîné au Parlement avec les frondeurs. La gauche n’a jamais été unitaire et pourtant elle n’a jamais été autant désunie. La primaire va tenter de mélanger l’huile et le vinaigre. D’un côté, il y a l’aile gauche du parti socialiste. Ce sont les fameux frondeurs et ceux qui s’en rapprochent : Aurélie Filippetti, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, et d’autres. De l’autres l’aile droite du parti socialiste, incarnée par Peillon, Valls et leur ligne sociale-libérale.

Le plus grand danger dans cette primaire ? « L’absence de Macron et Mélenchon »

Mais le plus grand danger dans cette primaire, ce n’est pas tellement que le vainqueur ne puisse unir la gauche : c’est que l’élection ne soit pas l’occasion pour la gauche de s’unir malgré ou à cause de ses différences. Qu’elle ne représente pas toutes les gauches. Comprendre : Mélenchon et Macron, ou M&M’s comme j’aime les appeler, menacent de faire de l’ombre à la primaire. D’abord parce qu’ils sont très – trop – populaires. Ensuite parce qu’ils refusent de participer à ce scrutin. Oublions leurs excuses : ils menacent sérieusement la primaire de la gauche. Celle de la droite avait été un succès en raison de la présence de la totalité des candidats sérieux qui s’inscrivent dans la famille politique. Aucun ténor de la droite n’avait fait cavalier seul comme Mélenchon et Macron. S’ils concouraient dans leur coin, sans aucune popularité ou crédibilité, il n’y aurait aucun problème. Seulement, nous vivons des moments politiques assez fous et ces deux personnages sont très populaires. Je me souviens encore d’avoir été refoulée à un meeting de Mélenchon faute de place et d’avoir dû aller à la librairie Mollat près de trois heures en avance pour être sûre de pouvoir faire dédicacer le livre d’Emmanuel Macron pour ma mère.

Plus que les dissonances idéologiques des candidats de la gauche, qui éclateront au grand jour lorsqu’ils débattront, c’est l’absence de ces deux candidats qui plombe le processus. Que ce soit pour des raisons de stratégie politique ou d’idéologie, ils ont décidé de ne pas participer. Je ne m’attarderai pas sur ce fait pour le juger. Tout un chacun est capable de se faire un jugement, de s’interroger pour savoir si Macron est de gauche, s’il est de gauche et de droite à la fois, ou s’il est de droite. Tout un chacun est capable de se forger une opinion pour savoir si Mélenchon est de gauche ou s’il est d’extrême-gauche. Là, ne réside pas la question.

Un nouveau 21 avril 2002 ?

La question est de savoir comment la gauche peut se donner une chance d’être au second tour en 2017. La question est de savoir comment la gauche peut invoquer sa glorieuse histoire : le Front Populaire, le Cartel des Gauches, la Gauche Plurielle, face à une droite qui n’a jamais été aussi éhontément anti-sociale et une extrême-droite dont l’analyse se passe de mots. Chacun des candidats se revendiquant de gauche doit se poser la même question qui s’est posée à François Hollande lors de sa fameuse décision de ne pas se représenter : à quel moment ma candidature, mon ambition personnelle, réduisent-elles fortement les chances de la gauche d’être au second tour de l’élection présidentielle ? Pour l’instant, l’échec des Primaires Citoyennes est d’avoir transformé le premier tour de la présidentielle en une primaire sauvage de la gauche, ressuscitant le spectre de ce fameux 21 avril 2002 où Jean-Marie Le Pen arrachait in extremis la qualification pour le second tour.

 » La gauche a une responsabilité en 2017 : faire barrage à Le Pen et Fillon »

Je ne cible pas ici Macron ou Mélenchon spécifiquement mais toute personne se revendiquant de gauche. Vient un moment dans une vie politique où il faut savoir prendre ses responsabilités vis à vis de la nation. La profusion de candidatures en tout genre fait peser la menace de voir l’extrême-droite et la droite s’affronter pour l’Elysée. On ne peut que s’inquiéter de la propension des différents candidats à ignorer cette menace et à poursuivre coûte que coûte. 

La gauche a une responsabilité en 2017 : faire barrage à Le Pen et Fillon, et non pas s’entre-tuer au risque de voir ses concurrents filer ! C’est le futur de la nation qui est en jeu. J’insiste : le risque est réel.

Nelly

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1 Comment

  1. pour le socialistes c’est plus de l’eau que du vinaigre a essayer de mélanger
    pour ceux qui sont en marche avec Macron comme moi, c’est plus compliqué car le mouvement est composés de marcheurs de droite et de gauche et beaucoup de gens qui n’aiment pas ou plus les partis Il ne faudrait pas que si la primaire socialiste fait « pshitt » ils viennent en conquérants investir notre mouvement Il faudra qu’il s’engagent clairement pour l’Europe et sur toutes les propositions fortes de Macron et qu’ils renoncent à leur cuisine électorale C’est Emmanuel Macron qui désignera lui même les 577 candidats venus de la société civile Avis à tous les retourneurs de veste

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