Les grands noms des prix Nobel 2018

Vous êtes confortablement assis sur votre canapé et vous demandez quels sens donner à votre vie…vous hésitez… Pascal ne vous est d’aucune aide… vous tombez alors sur un article décisif: « ceux qui ont apporté le plus grand bénéfice à l’humanité cette année ».

C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les jurys des célèbres prix Nobel, qui ont été décernés au début du mois d’octobre par l’académie suédoise et le Parlement norvégien (prix Nobel de la paix). Ces récompenses félicitent ceux qui se sont distingués par leurs inventions, découvertes ou améliorations dans les domaines de la physique, la chimie, la médecine, l’économie, la littérature et la paix. Petit récap’ pour mieux connaître ceux qui ont le plus marqué les esprits la semaine dernière.

Le prix Nobel de la paix
Sûrement celui qui a fait le plus parler de lui, le prix Nobel de la paix a été attribué en 2018 à Denis Mukwege et Nadia Murad. On a récompensé leurs efforts pour mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre. S’inscrivant dans le contexte du mouvement #MeToo et de la prise de parole des femmes contre les violences dont elles sont victimes, la décision de leur attribuer ce prix a été beaucoup saluée.

Denis Mukwege est un gynécologue congolais qui a sauvé, avec l’aide de sa clinique, de très nombreuses victimes de violences sexuelles en temps de guerre. Il s’est aussi engagé pour faire reconnaître le viol comme arme de guerre. Plus de 50 000 femmes ont déjà été prises en charge dans son hôpital de Panzi. Nadia Murad, quant à elle, a fait preuve d’un courage rare en racontant les abus et viols qu’elle a subi de la part de l’armée de Daech. C’est l’une des 3000 femmes Yézidies à en avoir été victime. Il s’agissait pour Daech d’une arme utilisée contre les Yézidies et autres minorités religieuses.

« Faire prendre conscience que les femmes représentent la moitié de la population et sont utilisées comme des armes de guerre. Elles ont besoin de protection et les auteurs de ces crimes doivent être poursuivis », c’était la volonté affichée par la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.

Une remise en lumière plus que nécessaire des violences dont les femmes sont encore victimes aujourd’hui.

Le prix Nobel de physique

Changement total de registre avec le prix Nobel de physique qui a été remis cette année à l’américain Arthur Ashkin, à la canadienne Donna Strickland et au français Gérard Mourou. Ils ont tous été salués pour leur travail sur les photons et plus particulièrement Gérard Mourou et Donna Strickland, son ancienne étudiante en thèse, pour leur travail qui a permis d’accroître considérablement la puissance des lasers. Le physicien français a ainsi contribué au développement des techniques ophtalmologiques de réparation de la cornée par des faisceaux laser.
Modeste, le physicien a confié « ne pas s’y attendre » lorsqu’il a reçu cette récompense mardi 2 octobre dernier, il s’apprêtait à aller « à la piscine ». Il s’agit d’une belle récompense pour l’homme âgé de 74 ans qui est aussi professeur émérite à l’école Polytechnique de Paris.

Le prix Nobel de littérature

L’attribution du prix Nobel de littérature a fait beaucoup parler d’elle cette année parce qu’elle n’a tout simplement … pas eu lieu.
A la suite d’un scandale impliquant le français Jean-Claude Arnault, époux de l’académicienne suédoise Katarian Frostenson, le comité a préféré reporter la récompense à l’année prochaine. En effet, c’est pas moins de 18 femmes qui ont révélé dans un journal suédois avoir subi de la part de Jean-Claude Arnault des viols et agressions sexuelles entre 1996 et 2017. Il a été condamné lundi 1er octobre à deux ans de prison par un tribunal suédois. Cela a conduit 18 membres de l’académie à abandonner leurs fauteuils, après avoir d’abord nié avoir eu connaissance des agissements de M. Arnault. Le minimum de douze membres n’étant plus atteint et la crédibilité de l’institution largement entachée, le prix Nobel de littérature ne sera décerné que l’année prochaine.

Depuis plus de 50 ans, c’est la première fois que le prix sera annulé. Les prix Nobel sont un rendez-vous annuel qui permet de récompenser les œuvres, inventions ou actions qui le méritent. Pour pallier le manque de prix Nobel de littérature, une organisation baptisée « la Nouvelle Académie » a donc choisi de décerner un prix alternatif, plus démocratique et inclusif. Le public était invité à désigner en ligne les finalistes et c’est Maryse Condé, romancière guadeloupéenne, qui l’a emporté. Le 12 octobre dernier, elle a été saluée pour ses récits qui décrivent avec précision « les ravages du colonialisme et le chaos post-colonialisme ».

Sarah Dumeau

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