Le Point CuGé #2 // Cop 21 : Le sommet de l’urgence

[fusion_text]Le monde a les yeux tournés vers Paris en ce mois de décembre, et non pas seulement en raison des tragiques évènements qui sont venus quelque peu gâcher l’ampleur de la COP21 qui se tient du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget en Seine-Saint–Denis. Le maintien de la conférence de Paris prouve que le réchauffement climatique fait partie des problèmes majeurs du monde et  un accord concret et contraignant est attendu car les enjeux y sont multiples.

Climat : une série d’échecs des dirigeants mondiaux

Nous avons souvent tendance à penser que le changement climatique est un problème récent et que l’on a le temps de trouver les solutions nécessaires. Or si à l’échelle de l’humanité ce phénomène est relativement récent, l’alerte des scientifiques, elle, date de plusieurs décennies déjà. Juin 1988, Washington, une série de scientifiques et d’experts est auditionné au Congrès américain et préviennent qu’ils sont à peu près sûrs que « la Terre est entré dans un réchauffement causé par les gaz à effet de serre émis par l’homme. Il faut donc considérer que la réelle prise de conscience quant au réchauffement climatique date de ce moment-là. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est créé sous la direction des Nations Unies. S’en suit une série de dates de regroupement de la communauté mondiale pour trouver de solutions au réchauffement climatique, à commencer par le sommet de la Terre en 1992 à Rio qui donne naissance à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques qui reconnaît le rôle de l’homme dans le changement climatique. Le protocole de Kyoto de 1997, en revanche est le premier accord contraignant sur a réduction des gaz à effet de serre. Seul inconvénient : il ne concerne que les pays développés. Mais n’oublions pas que si nous parlons aujourd’hui de COP 21 c’est parce qu’il s’agit de la 21ème conférence des parties (Conference Of the Parties) et qu’avant celle de Paris il y en a eu d’autres, notamment la 17ème à Durban où est établi un groupe de travail en vue de la préparation d’un accord « applicable à tous » pour 2015. Nous y voilà donc, il est temps d’agir et le cinquième rapport de GIEC de 2014 prévoyant une élévation de la température de 4,8°C si rien n’est fait, nous le rappelle.

Des enjeux primordiaux pour les générations futures

      La température moyenne de la Terre a augmenté de 0,85°C depuis 1880 et le cap des 1°C devrait être franchi durant l’année 2015, l’objectif de la conférence étant de maintenir ce chiffre sous le seuil des 2°C. Cela peut paraître tout à fait dérisoire mais les conséquences elles ne le sont pas. Les négociations qui vont avoir lieu à Paris sont primordiales pour la planète et il n’y pas besoin, pour comprendre cela, d’être un écologiste convaincu. Les milliards de bouches à nourrir à travers le monde pourraient être les premières victimes du réchauffement climatique, en effet le GIEC prévoit que les rendements agricoles baissent de 2% tous les dix ans si aucun effort n’est fait. Encore plus inquiétant lorsque l’on sait qu’il faudrait dans une situation idéale augmenter cette production de 14% pour satisfaire tous les besoins agricoles humains. Les eaux aussi sont touchées par le réchauffement climatique, avec des espèces qui seront moins nombreuses autour des tropiques et des taux d’extinction record. Ajoutons à cela les pénuries d’eau que le GIEC annonce en Afrique ou en encore en Asie et la sécurité alimentaire et sanitaire se voit dégradée. En pleine « crise » migratoire le monde devrait sûrement réfléchir à l’importance du changement climatique dans les déplacements humains à travers le monde. Les conditions météorologiques extrêmes, la baisse des réserves en eau ou la dégradation des terres agricoles est une raison tout à fait justifiable d’abandonner son pays d’origine dans la mesure où il n’a plus les capacités naturelles pour permettre aux humains de survivre. Sans oublier que les êtres humains ne sont pas les seuls habitants de la planète, loin de là. Les espèces terrestres et maritimes dans leur ensemble sont menacées. Des espèces maritimes qui subissent l’acidification des océans jusqu’aux arbres qui connaissent une hausse de la mortalité en passant par les animaux terrestres qui n’auront pas les capacités et les possibilité de se déplacer pour éviter les conséquences du changement climatique. Toutes ces conséquences dramatiques proviennent en très grande partie pour ne pas dire en totalité des émissions de gaz à effet de serre. 80% de ceux-ci proviennent de la combustion des ressources fossiles que sont le charbon, le pétrole ou le gaz. Les spécialistes en la matière restent bien évidemment la Chine qui représente 22,4% des GES et les Etats-Unis avec 12,2%. Si l’on ramène ces taux par habitant le podium est sans surprise formé par les pays pétroliers du Moyen-Orient avec en tête le Koweït (62,2 tonnes par habitant en 2012).

Un accord qui est nécessaire à la réussite de la conférence

      196, c’est le nombre de parties qui seront au cœur de la conférence de Paris pendant deux semaines. Un statut juridique est donc nécessaire pour atteindre l’objectif des 2°C car cela comporterait une force légale, une obligation en quelque sorte et non pas des mots jetés à la tribune pour faire plaisir aux partenaires. C’est d’ailleurs le point de discorde récent entre la France et les Etats-Unis. John Kerry, le secrétaire d’Etat américain a annoncé qu’il ne voulait pas de traité contraignant », ce à quoi François Hollande a immédiatement répondu que l’accord sera « contraignant ou il n’y aura pas d’accord. » On comprend parfaitement pourquoi John Kerry a ainsi réagi à l’évocation d’un traité, car statut juridique demande ratification du Parlement de chaque pays signataire or le Congrès américain n’est pas à la faveur d’un accord pour le changement climatique. Une solution peut-être moins radicale est aussi possible, celle d’un accord « hybride » qui consiste à intégrer des contraintes quant à la vérification du suivi des promesses faites. Si un accord se présente le problème du financement devra être résolu car il n’y aura à priori que très peu de changements sans un soutien financier à certains pays. Un engagement signé à Copenhague en 2009 consistaient à dégager 100 milliards de dollars (93 milliards d’euros) par an d’ici 2020 pour aider les pays en développement. Effectivement le problème de la responsabilité historique se pose encore et encore, les pays qui sont en développement actuellement polluent beaucoup mais répondent que les pays développés ont eux aussi connus cette phase et qu’ils sont autant voire d’avantage fautif qu’eux en ce qui concerne le réchauffement climatique. Le financement sera donc un prérequis pour un éventuel accord.

Des solutions sont connues et largement envisageables pour de nombreux pays, reste à les mettre en place. La baisse de la consommation d’énergie doit être le principal objectif pour lutter contre le réchauffement climatique. Les combustibles fossiles sont eux aussi dans la ligne de mire de Laurent Fabius, le président de la Cop 21 et pour beaucoup ils doivent arrêter de bénéficier de subventions publiques pour inciter à les remplacer par d’autres modèles d’énergie. Enfin une tarification mondiale du dioxyde de carbone est aussi avancée pour pénaliser les émissions de ce même gaz. Toutes ces solutions seront évoquées à Paris pour faire de la COP 21 un évènement à la hauteur des attentes mondiales.  Rendez-vous le 11 décembre dans un monde nettement plus vert.

Anthony Leroy               

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