Le plan santé: la machine est lancée !

Ça y est, la machine est lancée : Emmanuel Macron et la ministre de la santé Agnès Buzyn ont officiellement présenté le 18 septembre dernier le plan « Ma Santé 2022 », qui vise à réorganiser considérablement l’accès de la population aux soins médicaux.

Et cela tombe bien, car les toux commencent à pointer le bout de leur nez en amphi… (Après le CRIT, c’est une autre histoire). Plus sérieusement, la santé est un bien commun qui devrait être accessible à tous.

Conscients de l’enjeu de ce plan santé, le Président et sa Ministre annoncent une cinquantaine de mesures pour vaincre la saturation et le malaise qui s’installent dans de nombreux hôpitaux depuis plusieurs années.

Le patient au cœur du système

« Notre système de santé pêche par un véritable handicap d’organisation » ( Emmanuel Macron, AFP, 18 Septembre 2018) La formule du Président est claire, ce plan santé sera d’abord axé sur une complète réorganisation du domaine médical au profit du patient.

En gros, il s’agirait de mettre le patient au cœur du système de santé, en lui proposant une prise en charge rapide, locale et de qualité.

Pour ce faire, à défaut de financements supplémentaires, l’exécutif table sur une meilleure coordination entre la médecine hospitalière et la médecine de ville (les professionnels de la santé libérale) et sur une refonte à la fois du métier et de la formation des professionnels de la santé. Vaste programme !

Des mesures ambitieuses

Dans les faits, le plan proposé par l’exécutif est ambitieux et est globalement salué par les professionnels de la santé.

Parmi les mesures chocs de ce plan santé, on notera la fin du fameux numerus clausus dès 2020, examen qui clôt la première année en médecine (PACES). Cette sélection féroce sera tout bonnement supprimée, tout comme la PACES, qui apparaît aux yeux d’Emmanuel Macron comme un « acronyme synonyme d’échec pour tant de jeunes », et un mode de sélection rénové sera annoncé dans les prochains mois.

Une décision appréciée par une partie des étudiants. Antoine Thiriet, étudiant en troisième année de médecine à la fac’ de Tours voit dans cette mesure la fin d’un « effet de bachotage » très présent et la difficulté psychologique d’une année intense en matière de travail à fournir.
En revanche, il insiste sur l’intérêt premier de ce mode de sélection : une sélection non discriminatoire, car ne reposant que sur le travail de l’étudiant. Il insiste enfin sur le flou qui entoure la fin du numerus clausus et sur sa nécessité d’imposer la légitimité des futurs médecins.

Autre mesure phare du projet, la création de 4 000 postes d’assistants médicaux, sortes de petites mains des médecins qui prendront notamment la température et la tension des patients, de façon à leur permettre de se focaliser sur les soins spécifiques.

Pour pallier le phénomène de la désertification médicale dans les campagnes profondes, l’exécutif annonce la création de 400 postes de médecins dans des zones sous-denses avec un seul but : l’accès à la santé des citoyens vivant dans des territoires reculés.
Antoine Thiriet s’estime favorable à l’installation des médecins dans ces zones, mais nuance son propos : pour lui, les conditions d’exercice et d’installation devront être décentes, et surtout l’implantation dans les déserts médicaux ne devra pas être forcée, mais au contraire incitée par des locations de cabinets à bas coûts.

Dans la continuité de la volonté de rapprocher les professionnels de la santé d’un même territoire, Emmanuel Macron et Agnès Buzyn annoncent le déploiement de Communautés professionnelles territoriales de santé, qui visent à renforcer le dialogue entre médecins de ville et médecins hospitaliers.

Enfin, des moyens supplémentaires seront adressés aux aides-soignantes en EHPAD.

Des questions qui restent en suspens

Si le plan santé, dont le projet de loi arrivera au Parlement en 2019, a été plutôt bien accueilli par les professionnels, il a néanmoins suscité de nombreux débats chez les étudiants, mais aussi chez les infirmiers.
Ces derniers ne sont en effet pas mentionnés dans les annonces de l’exécutif, et redoutent la création de ses assistants médicaux qui viendraient s’intercaler à un degré encore inconnu dans la profession. La pilule est difficile à avaler…
Les étudiants sont également désemparés : quel sera le mode de sélection choisi par le gouvernement ? Impactera-t-il une formation au système de la santé jugée comme de qualité ?

L’exécutif, en plus des mesures présentées le mois dernier, devra donc faire preuve de perséverance pour réorganiser le système de santé français, situé encore aujourd’hui à la 15e place des meilleurs systèmes de santé mondiaux selon la revue médicale The Lancet. Emmanuel Macron et la ministre de la santé Agnès Buzyn ont officiellement pris le pouls des français. Il ne reste plus qu’à les soigner !

Colin CAUCHOIS

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