Insolite : ils réalisent un exposé sans Power Point

 

C’est une véritable prouesse, que dis-je, un tour de force qu’ont réalisé la semaine dernière deux élèves de 1A, Jean-Eudes et Shahnourh, étudiant arménien en mobilité. Ils ont en effet surpris leur conf’ et leur chargé de conf’ en proposant un exposé d’économie, tenez-vous bien, SANS POWERPOINT. Sous leurs yeux ébahis, ils ont enchainé Ricardo, PIB du Botswana et taux directeur de la BCE avec une facilité déconcertante, le tout sans la moindre projection derrière eux. De mémoire de Pipo, on n’avait plus vu ça à l’IEP depuis des générations. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, à Sciences Po en ce temps-là, Internet il n’y avait pas. Le Wifi était un rêve et imprimer un doc à la BU relevait du parcours du combattant (n’est-ce pas toujours un peu le cas ?)

Premier sur le scoop (dans tes dents BFM TV), Vin Rouge & Encre Noire a pu interviewer ces thugs comme il en existe trop rarement. Ils nous racontent tout, leurs amis, leurs exposés, leurs emmerdes.

Messieurs, merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Pour commencer, parlez-nous un peu de vous. Comment avez-vous eu cette idée si originale ?

Sh : J’habite seul avec Maman dans un très vieil appartement, rue Sarasate. Du coup, on n’a pas la fibre. J’ai encore un vieux modem 56K, c’est l’enfer pour faire autre chose qu’un traitement de texte.

J-E : En fait, on est voisins. J’habite en dessous de chez lui, du coup, moi non plus, j’ai pas la fibre. Et si l’humble garni qui nous servait de nid ne payait pas de mine, c’est là qu’on s’est connus, moi qui criais économie et toi qui pensais Culture G.

C’est donc le hasard qui vous a cette année réuni en conf’ pour le meilleur et pour le pire à ce que je vois. Vous avez pris un sujet sur la mondialisation, dans lequel vous mêlez habilement jargon technique et grands théoriciens de l’économie, c’est exact ?

Sh : Totalement. En fait, je lisais un des livres de la bibliographie et je suis tombé sur un passage passionnant. Là, j’ai dit à Jean-Eudes « Viens voir les taux directeurs, voir la balance des paiements, voir la valeur monnaie, qui arrivent ».

J-E : Quand je pense qu’hier encore, j’avais 20 ans, je caressais le temps, j’ai joué de la vie. Aujourd’hui, je fais des exposés d’économie.

Mais comment avez-vous réussi à vous démarquer en l’absence d’outil informatique pour illustrer vos propos ?

J-E : Nous avons un exposé très spécial, qui finit en conclusion intégrale, après plan en 2 parties. On a tout misé sur notre dynamisme et notre charisme légendaire. Et puis c’est à peu près tout.

Sh : Nos camarades nous ont fait remarquer que laisser tomber le Powerpoint, c’était risqué, mais nous sommes des têtes brûlées, comme ils disent. Mais attention, on a pris cet exposé avec beaucoup de sérieux. J’ai travaillé des semaines, sans répit, jour et nuit.

Est-ce que cette expérience exotique, on va dire, vous a donné des envies pour l’avenir ?

J-E : Non, d’ailleurs, il y a trop d’anglicismes en économie. Quantitative easing ? Et puis quoi encore ! Je préfère aller choisir mon vocabulaire pour leur plaire dans la langue de Molière.

Sh : Perso, j’ai une petite requête pour l’administration. Pour ma mobilité, emmenez-moi au bout de la Terre, emmenez-moi au pays des merveilles, il me semble que la mondialisation du commerce serait moins pénible au soleil.

Marianne CHENOU (avec la participation de Charles A.)

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