Emmanuel Macron à l’Assemblée générale des Nations-Unies : une réponse manichéenne à l’unilatéralisme américain

Le 25 septembre dernier, le Président Emmanuel Macron se rendait à New-York pour la 72e Assemblée générale des Nations unies.

Lors de son discours, Emmanuel Macron a particulièrement défendu le multilatéralisme, en réponse à la politique unilatéraliste et protectionniste américaine. En effet, Donald Trump semble vouloir gouverner son pays et le monde comme bon lui semble, que ce soit en présidant le conseil de sécurité de l’ONU au sujet de l’Iran (mais peut-il y avoir un vrai multilatéralisme lorsque le sacro-saint droit de veto appartient au principal opposant à l’Iran ?) ou bien en menaçant de poursuites judiciaires les juges de la cour pénale internationale qui accusent les États-Unis de crimes de guerre. Comme le souligne notre Président, il s’agit de plus en plus de « la loi du plus fort ». L’hégémonie américaine ne date pas d’hier. Pourquoi sommes-nous surpris à chaque fois ?

Emmanuel Macron a de nouveau fait un pas vers la diplomatie en expliquant qu’il fallait résoudre les crises « par le dialogue et le multiculturalisme » et non pas « exacerber les tensions régionales ». Les deux présidents se distinguent notamment sur le problème nucléaire iranien : le président français explique qu’il ne faut pas renégocier l’accord conclu avec l’Iran car cela pourrait encourager la prolifération nucléaire, mais bien de préserver et d’appliquer l’accord fermement. Au sujet du conflit israélo-palestinien, il envisage comme seule solution viable la création de deux états.

 

Critique de Trump et volonté de leadership écologique

 

Depuis son célèbre « Make the planet great again », le président de la République semble vouloir s’affirmer de plus en plus comme un des leaders de la transition écologique, ce qui peut sembler ironique étant donné le départ fracassant de Nicolas Hulot du gouvernement faute d’avoir pu mettre en place ses politiques écologistes. Le Président prône la coopération internationale en déclarant que « détricoter l’accord (la COP21 ndlr) serait détruire un pacte entre les États et les générations ». Une fois de plus, il critique implicitement le président américain. Enfin, il a plaidé pour l’adoption d’un « pacte mondial pour l’environnement », rédigé par un groupe de 80 experts internationaux. Le texte a pour ambition de devenir le « premier accord international juridiquement contraignant, rassemblant et harmonisant l’ensemble des droits environnementaux ».

 

Emmanuel Macron a donc porté une parole optimiste, valorisant la coopération entre les états. Néanmoins, son discours était autant enflammé que binaire et manichéen, plaçant d’un côté le « mauvais» américain qui se tourne vers l’isolationnisme, et de l’autre les « gentils » qui entrent dans le bon ordre du multilatéralisme.

Après la célèbre poignée de main en mai 2017 et les reproches adressés implicitement au cours des différents discours, voici une nouvelle fois leur différence illustrée avec les photos ci-dessous, prises par Paul Bouffard, l’un des caméramans de Quotidien :

 

Article écrit par Rachel Constantin.

 

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