Elections étudiantes #3 : Rencontre avec Solidaires étudiant-e-s

Les élections au conseil d’administration auront lieu le mardi 24 octobre prochain. La rédaction de Vin Rouge & Encre Noire est allée à la rencontre de tous les syndicats de Sciences Po Bordeaux du premier et du deuxième collège pour connaître les revendications et propositions de chacun. 

Nina Tapie a recueilli les propos de Enora Lamy et de Leyla Wander, tous les deux respectivement têtes de liste du premier collège et deuxième collège pour le syndicat « Solidaires étudiant-e-s». 

 

Pourriez-vous, dans un premier temps, vous présenter et présenter Solidaires qui réapparait cette année ?

Solidaires était présent à l’IEP jusqu’en 2015 ; il a disparu avec le départ de ses membres les plus importants. Et nous, 3ème et 4ème année, on a décidé de le remettre sur pieds avec une dizaine de personnes.

Etes-vous affiliées à Solidaires étudiant-e-s national ? Vous fonctionnez avec eux ?

Oui, nous sommes affiliés au syndicat national, mais notre fonctionnement est totalement autonome, rien en nous est imposé. Notre logique est véritablement horizontale : toutes les décisions sont discutées et prises ensemble. C’est comme ça que nous avons désigné les têtes de liste : nous avons décidé ensemble de qui souhaitait et qui ne souhaitait pas être sur la liste.

Dans la profession de foi, ce qui ressort, c’est votre désir de rendre l’étudiant plus indépendant de l’administration, qui l’« infantilise ». Pourriez-vous présenter ce que vous proposez ?

Il y a plusieurs domaines où l’étudiant est infantilisé par l’administration.  Surtout avec l’envoi systématique en seconde session des mal-inscrits, en sport par exemple. Ou encore avec la césure, que nous réclamons possible sans condition. L’administration n’a pas confiance en l’étudiant sur cette question, sur sa volonté de continuer les études, après la césure, à l’IEP. C’est dommage, parce que la césure est plus facilement obtenable dans les autres Sciences Po. On propose encore d’augmenter un peu le poids décisionnel de l’étudiant, en conférence de méthode par exemple dans le choix des lectures. C’est assez symbolique : le professeur impose des lectures obligatoires, c’est dommage de ne pas diversifier et de laisser s’exprimer les préférences de chacun : on est tous capables de rester sérieux sans la contrainte.

Vous mentionnez la deuxième session, vous proposez autre chose pour les rattrapages il me semble ?

Oui, la mise à disposition du calendrier en même temps que celui de la première session. Moi j’étais aux rattrapages en première année [Leyla], et comme on ne sait pas quelle matière on repasse en premier, on commence à en réviser une autre. C’est assez injuste, mais surtout, c’est un gros handicap pour organiser ses révisions.

Vous demandez « la fin de l’ingérence de l’armée et de l’industrie de l’armement dans l’établissement », c’est original comme proposition et surtout lourd de sens. Vous pouvez rentrer dans les détails ?

Oui l’IEP a des partenariats avec l’armée et la gendarmerie, des sponsors comme Thalès ou Dassault. Il y a entre autres une conférence obligatoire en première année. Ça nous semble pourtant essentiel de séparer enseignement et armée : il faut savoir rester détaché afin de se forger une opinion sur le militarisme.

Quelles sont les propositions de votre programme dans la lignée de vos valeurs anticapitalistes, antiracistes, féministes et LGBTQIA friendly ?

Plus de mesures contre le harcèlement moral et sexuel. Il y en a à l’IEP, même si parfois il est étouffé. Une sensibilisation plus forte contre l’homophobie, le sexisme et la transphobie.

Vous proposez également une baisse des prix ?

Oui de l’IELTS, ou un échelonnage. Il est plus ou moins (plutôt plus que moins) imposé pour la mobilité, un mois à l’avance seulement. Idem pour le concours, qui a augmenté de 15 euros en 2014 alors que l’IEP n’était pas déficitaire sur son organisation. Ça veut aussi dire faire payer plus les gens qui ne rentreront pas à l’IEP.

Comment envisagez-vous la suite ?

Solidaires étudiant-e-s veut sa place au conseil d’administration pour pouvoir rendre compte des décisions de l’exécutif, qui ne sont pas transparentes, concernant les dépenses de l’établissement par exemple.  Pour la suite, nous envisageons notamment de relancer le « chou rouge », une feuille A3 avec les news du syndicat et des infos qui se distribuait à l’IEP avant.

Si vous deviez convaincre un étudiant de voter pour vous, que lui diriez-vous ?

Voter pour nous c’est bien, mais le plus important c’est que les étudiants s’engagent dans le syndicalisme pour défendre les droits des étudiant-e-s et l’égalité de toutes et tous.

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