Elections étudiantes #5 : Rencontre avec Ecclésia

Les élections au conseil d’administration auront lieu le mardi 24 octobre prochain. La rédaction de Vin Rouge & Encre Noire est allée à la rencontre de tous les syndicats de Sciences Po Bordeaux du premier et du deuxième collège pour connaître les revendications et propositions de chacun. 

 

Ridvan Firik a recueilli les propos de Garazi Alarcon O’Farrill et de Paul Puy, tous les deux respectivement candidats de la liste premier collège et Deuxième collège pour le syndicat « Ecclésia ». 

Pourriez-vous, dans un premier temps, vous présenter individuellement et m’expliquer pourquoi vous avez rejoint Ecclésia ?

Garazi Alarcon O’Farrill (G.AOF) : Je m’appelle Garazi Alarcon O’Farrill. Je suis de nationalité espagnole et j’ai étudié en France. J’ai passé mon baccalauréat ES et suis donc en première année en filière générale. Avec d’autres camarades, nous sommes à l’origine de ce syndicat. C’est vrai, j’étais vraiment surprise de voir, à la rentrée, que la plupart des syndicats de Sciences Po Bordeaux étaient marqués politiquement (UNI pour la droite, UNEF pour la gauche, etc.) et je ressentais quand même ce besoin de m’engager pour la vie étudiante sans pour autant être « cataloguée » dans tel ou tel parti. En fait, je ne ressens pas l’utilité évidente de devoir politiser ma présence au CA alors que nous sommes censés représenter tous les étudiants pour améliorer la vie générale. D’ailleurs, j’ai grandi dans un milieu où la diversité était LA condition pour pouvoir vivre en harmonie avec tous. Et donc je pense que le fait qu’il y ait, à Ecclésia, des anciens de l’UNEF ou des sympathisants de droite rend les choses encore plus intéressantes et passionnées. Je ne te cache pas que les débats internes sont très intenses. C’est d’ailleurs cela qui fait notre force. Mais nous gardons toujours à l’esprit que la politique n’a rien à faire dans un CA. Cela ne veut sûrement pas dire que nous ne sommes « ni de droite ni de gauche » (rires). Ce n’est juste pas la question. C’est simplement que nous estimons qu’il y a des partis politiques à Sciences Po Bordeaux –et c’est très bien-, mais que les domaines doivent bien être délimités !

Paul Puy (P.P.) : Quant à moi, je m’appelle Paul Puy et je suis étudiant 4ème année en Master SGM en filière intégrée France-Maroc (FIFMA). Je pense que Garazi a vraiment bien résumé notre engagement. J’ajoute aussi que je suis au bureau de Terra Nova Sciences Po Bordeaux et au club de Hand de l’AS mais que cela n’affecte en rien mon engagement à Ecclésia, et inversement. Je pense que ce qui me touche particulièrement avec Ecclésia, c’est cette capacité à mettre le doigt sur des sujets sensibles et à proposer des mesures concrètes –mesures que je n’ai pas trouvées au sein des autres associations ! Par exemple, instaurer une meilleure démocratie au sein de l’IEP, remettre les associations – TOUTES les associations – au cœur de la vie étudiante, etc. Et il y aussi une cause qui me tient à cœur : la protection des filières intégrées. Cela fait par ailleurs partie des nombreuses causes d’Ecclésia : se battre, ensemble, pour que filières générales et intégrées soient protégées et reconnues à leur juste valeur.

On a donc bien compris qu’Ecclésia souhaite s’inscrire en rupture avec les autres syndicats de Sciences Po Bordeaux. Vous avez tous les deux parlé de renouveau, pourriez-vous détailler plus en profondeur ce qu’Ecclésia propose ? 

G.AOF : D’abord, il y a une chose qui me tient à cœur : la transparence. Ça peut être évident, mais franchement, ça ne fait pas de mal de le souligner. Nous allons communiquer ce qui se dit, se vote et se passe au Conseil d’administration. Pourquoi ? Parce que cela va nous permettre aussi de porter la voix de chacun.e au sein de l’IEP si cela est nécessaire. Nous croyons aux élections, mais nous croyons aussi que les contextes changent régulièrement ; par conséquent, il est toujours nécessaire d’avoir des remontées concrètes de la part des étudiants afin de relayer les coups de gueule ou, au contraire, souligner les améliorations. Et puis, encore une fois, le militantisme politique est nécessaire à Sciences Po, mais nous n’en voyons pas l’utilité à la commission vie associative par exemple ! On ne demandera donc pas, par exemple, à pénaliser le budget d’une association sous prétexte que cette dernière ne correspond pas à nos valeurs personnelles. C’est bête de dire ça, mais il est arrivé que certains s’arrogent le droit de pénaliser des associations actives pour des raisons assez petites… Avec Ecclésia, toutes les associations (même celles avec lesquelles je ne suis pas personnellement en accord), seront sur le même pied d’égalité. Et ce « pied », rassurez-vous, il est très haut : nous croyons en l’importance de la pluralité associative !
D’ailleurs, nous lançons un appel symbolique à tous les syndicats de l’IEP pour participer à ce travail collectif de revalorisation du budget des associations. Toutes les associations méritent de voir leur budget augmenter et cela est conditionné à une action collective : nous tendons donc la main à toutes et à tous qui voudraient se joindre à cela. N’hésitez pas à venir vers nous via les réseaux sociaux si cela vous intéresse.

Et sur les enseignements en eux-mêmes ? Et qu’en est-il de la notation ?

P.P : Sinon, nous proposons également l’instauration d’un cours facultatif de philosophie. Cela fait suite à beaucoup de demandes que nous avons reçues. Et, nous sommes tout à fait disposés à participer à la diversité de l’enseignement à l’IEP de Bordeaux. Cela serait naturellement soumis à un vote de l’assemblée avec un budget –et nous pouvons trouver ce budget !

Nous sommes fondamentalement attachés à tout ce qui fait de Sciences Po Bordeaux un IEP exceptionnel. Par exemple, nous considérons que la culture générale est très importante ici. Et c’est pourquoi nous souhaitons, aussi dans un souci d’égalité et de transparence, l’instauration d’un programme de culture générale. Cela est absolument nécessaire. De même, en anglais, un programme commun est vraiment nécessaire pour qu’une conférence ne soit pas « pénalisée » ou reçoive un enseignement différent par rapport à une autre.

G.AOF : Nous demandons également la diffusion des notes du premier semestre. Cela serait soumis au vote de l’assemblée ! Nous demandons aussi une meilleure transparence de la commission de réévaluation (à la fin des partiels) afin de permettre aux étudiants de passer une année scolaire sereine.

Vous parlez de « meilleure démocratie » au sein de l’IEP. Comment comptez-vous l’améliorer ? Et, vous demandez aussi une meilleure diffusion des informations : vous nous avez parlé de transparence des notes, des comptes rendus publics,etc. Avez-vous d’autres éléments en tête ? 

P.P : L’organisation d’une assemblée des délégués, une fois par semestre, entre autres. Nous sommes soucieux d’être toujours à l’écoute des attentes, des critiques et des propositions des étudiants de l’IEP. Cela existe déjà, mais nous souhaitons que cette assemblée soit institutionnalisée et qu’elle ait même un pouvoir dont les modalités devront être définies.

G.AOF : En ce qui concerne la diffusion d’infos, oui nous pensons à la diffusion d’informations lies à la culture ! Par exemple, nous souhaitons une information permanente des étudiants sur tous les événements culturels et manifestations à Bordeaux et dans la région. Nous sommes certains de la place prépondérante de la culture dans l’ouverture et l’éveil intellectuel des étudiants. Du coup, nous plaiderons pour que l’IEP s’engage à relayer les événements et les manifestations culturels à Bordeaux et dans sa région. Et de toute façon, nous sommes convaincus que l’administration travaillera avec nous sur ce dossier puisqu’elle est toujours disposée à aider ses étudiants à s’ouvrir à beaucoup d’événements culturels.

Avez-vous d’autres propositions diverses comme les modalités de vote en elles-mêmes, l’établissement ou même les ventes de livre – que l’UNEF n’a pas été en mesure de faire ?

G.AOF : Pour revenir sur l’épisode des livres, c’est vrai, pour être tout à fait honnête avec toi, qu’il y a eu d’intenses discussions au sein de notre syndicat pour déterminer une meilleure manifestation de ce genre. C’est une bonne idée, mais qui, d’après les dires de certains, n’a pas suscité de grandes attractions. Nous proposons donc une mise en place d’une plate-forme en ligne de vente de livres disponible toute l’année. Nous souhaitons, en plus, élaborer des contacts avec certaines libraires pour négocier des tarifs préférentiels sur les livres demandés chaque année par les professeurs, par exemple !

P.P : En ce qui concerne la vie pratique, nous demandons d’autres installations de fontaine et de poubelles de tri !
Aussi, nous souhaitons revaloriser le statut des IEP et de Sciences Po Bordeaux !

Et enfin, une mesure démocratique qui nous tient à cœur : faire voter les Deuxième années en ligne : nous sommes persuadés de l’importance des élections des syndicats étudiants et nous appuierons la possibilité pour l’ensemble des étudiants en deuxième année en mobilité à l’étranger de voter en ligne. Nous pensons que cette mesure est primordiale et la vie démocratique de l’IEP en ressortira plus forte.

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