Deluxe : des rues d’Aix-en-Provence aux grandes scènes nationales

Le groupe Deluxe réalise en ce moment sa tournée dans toute la France pour son deuxième album indie-funky-soul Stachelight. A l’occasion de son futur concert à Bordeaux, le 24 mars à La Médoquine, le saxophoniste, Pépé, a accepté de répondre à nos questions.

Peux-tu nous raconter comment s’est formé le groupe ?

Au départ, c’est un noyau dur de trois personnes : Kilo à la batterie, Pietre à la guitare, Kaya à la basse, qui se connaissent depuis vingt ans. Ensuite, Soubri qui est aux percussions et moi-même les avons rencontrés ; on était tous sur les mêmes bancs d’école d’Aix-en-Provence. On était déjà tous passionnés de musique ; quasiment tous les membres du groupe ont appris à jouer en autodidacte, Kaya et moi avons fait le conservatoire mais l’essentiel a été appris sur le tas, sur scène ou dans la rue. Ça fait aujourd’hui 10 ans qu’on a fait de la musique notre métier. Lili, la chanteuse, a intégré le groupe il y a 6 ans ; c’était l’élément manquant de notre groupe.

A vos tout débuts, vous jouiez dans les rues d’Aix-en-Provence ; diriez-vous que cela a été formateur ?

Je dirais même que c’est ce qui nous a permis d’être aussi bons sur scène. Jouer dans la rue devant dix personnes ou jouer sur scène devant dix-mille personnes, c’est la même chose, c’est aussi stressant ; l’émotion n’est pas la même, mais tu te donnes autant. Déjà quand on jouait dans les rues, on avait des costumes, on essayait de créer une dynamique, des débuts de scénographie. Ce qui est différent maintenant, c’est qu’on a des moyens plus importants. Mais on a toujours été le genre de groupe à faire des albums pour pouvoir monter sur scène ensuite, c’est ce qu’on aime, le contact avec le public, l’énergie.

Pour votre premier album, vous avez travaillé avec les Chinese Man. D’où est venue cette collaboration ?

En effet, les Chinese Man nous ont bien aidés à nos débuts. Notre rencontre s’est faite totalement par hasard : quand on jouait dans la rue à Aix-en-Provence, on a croisé Zé Matéo, un des trois DJ des Chinese Man, et il nous a proposé de faire un premier E.P. Les Chinese Man ont produit notre premier album The Deluxe Family Show, mais depuis nous avons monté Nanana Production, et Stachelight est sous ce label.

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Je vais vous poser une question qu’on a vous a déjà posé des centaines de fois… Mais pourquoi la moustache ?

Alors en fait, quand on a rencontré Lili, on n’y arrivait pas du tout avec les filles ; et Lili nous a conseillé de porter des moustaches, en nous disant que ça aiderait. Mais ça ne marche toujours pas…

Qu’est-ce que vous écoutez quand vous êtes tous ensemble en tournée ?

Plein de choses ! Autant des vieux groupes que des plus modernes. En ce moment, on écoute beaucoup Anderson. Paak et The Roots, et puis toujours Beat Assaillant, Marvin Gay… Et dans les choses plus modernes, on aime beaucoup Ed Sheeran. On a vraiment des influences variées. On essaye d’être à l’écoute des choses du moment sans délaisser les musiques qui nous ont bercées depuis toujours.

La majorité de vos chansons sont en anglais. Pourquoi ce choix ?

C’est à l’image de ce qu’on écoute, la plupart des musiques qui nous inspirent sont en anglais. Et puis notre chanteuse Lili est franco-américaine, elle est bilingue, donc le choix de l’anglais n’a posé aucune difficulté. Mais il y a quand même deux morceaux en français dans Stachelight, avec IAM et Matthieu Chedid… Et puis ce n’est pas encore sûr pour le moment, mais on pense faire une chanson en français pour le prochain album.

Justement, vous avez collaboré avec plusieurs artistes, comment se font vos featuring ?

A chaque fois qu’on fait des featuring, on veut toujours avoir rencontré la personne d’abord, avoir discuté et échangé. On n’a jamais fait de collab en ayant juste discuté avec quelqu’un de connu sur Internet. Que ce soit avec Matthieu Chedid, Youthstar, Taiwan, IAM, ce sont toujours de vraies rencontres. Par exemple, avec IAM, on peut vraiment dire que c’était une rencontre coup de cœur : on faisait leur première partie à la fête de la musique à Shanghai il y a trois ans, ils ont aimé notre show, évidemment on a adoré le leur. Du coup on leur a dit qu’on adorerait faire quelque chose avec eux, et six mois plus tard on a pu commencer à travailler ensemble.

Quel est votre plus beau souvenir de scène ?

Il y en a plein… On a adoré plusieurs scènes, c’est à chaque fois génial et à chaque fois différent. Le Solidays de l’été 2016 était vraiment incroyable : on s’est retrouvé devant 60 000 personnes, c’était la première fois qu’on jouait devant autant de monde ! C’était un truc de fou. Les Nuits de Fourvières, à Lyon, étaient aussi exceptionnelles : on jouait dans un amphithéâtre devant 4 500 personnes.

Et votre pire souvenir de scène ?

C’était à nos débuts, il y a 4-5 ans, dans un festival d’été dont je tairai le nom… On nous a jeté de la paille pendant le concert ; il pleuvait, les organisateurs avaient posé de la paille par terre, et il y avait des gens bourrés qui ont commencé à jeter de la paille mouillée sur la scène et les instruments. Ce n’était pas très sympa…

Qu’est-ce que vous avez appris, depuis votre première tournée ? Est-ce que vous avez changé vos manières de faire ?

Je dirais qu’en fait, on change de manières de faire toutes les semaines… Pas sur le fond, mais sur la forme. On essaye toujours de changer et d’améliorer notre manière de communiquer avec le public, d’organiser la setlist ; on fait évoluer la scénographie. Avant on avait moins de moyens, moins de lumière, maintenant on fait les choses différemment.

Quels sont vos projets futurs ? Des ambitions à l’international, aux Etats-Unis ?

On va déjà finir notre tournée, qui s’achève le 18 novembre au Dôme de Marseille. Ensuite, oui, pendant un an et demi, peut-être deux ans, on va se faire un peu oublier sur les scènes françaises pour aller voir comment se passent les choses à l’étranger, et puis aussi pour écrire notre nouvel album. Les Etats-Unis sont attractifs, bien sûr, ce serait génial de percer là-bas, mais il n’y a pas que ce pays qui nous intéresse ; la scène australienne a l’air dynamique et intéressant. Mais dans l’absolu, si on pouvait être écoutés partout dans le monde, aussi bien au Japon, en Amérique Latine ou en Afrique, ce serait super !

Sarah Perrin

Cet article a été écrit dans le cadre de notre partenariat avec Base Productions. A à lire aussi sur le blog de Sarah, au milieu d’autres découvertes musicales.

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