Sciences Pipo | De retour d’Erasmus, il est bilingue.

Fait rarissime dans l’établissement, après un an en Angleterre, un étudiant revient bilingue. Il témoigne.

Tout commençait pourtant très bien, ce que J. (une fois n’est pas coutume, notre source a préféré rester anonyme, J pour John Doe donc, en aucun cas Justine Lebaccon par exemple) qualifie volontiers de « sans faute ».

Arrivé dans une ville typiquement autochtone avec une population de 200 000 étudiants aux trois quarts espagnole, J. adopte rapidement le comportement primesautier de l’homo erasmus et entame une coloc franco-française lui permettant rapidement d’ouvrir ses horizons aux étudiants de facultés LEA, dont les spécimens les plus exotiques se trouvent à Pessac de l’autre côté du tram B i.e. « la jungle ».

 « j’ai profité de mon séjour à l’étranger pour apprendre le français »

J. confie, un brin nostalgique, les yeux humides et les mains autour de son Chai Latte dans le Costa Coffee de la gare Saint Jean – qui n’est pas sans rappeler les Costa Coffee du gran mall de Manchester, eux-mêmes semblables en tout point à ceux du Bull Ring de Birmingham qui ont tout pompé sur ceux de Coventry – « Coventry me manque, surtout le Primark géant » (ndlr Primark géant qui n’est pas sans rappeler le Primark géant du gran mall de Manchester, lui-même semblable en tout point à celui du Bull Ring de Birmingham qui a, rappelons-le, tout pompé sur ceux de Coventry).

Mais enfin, qu’as-tu fait pendant toutes ces après-midis à l’abri des pluies diluviennes, oh mélancolie cruelle, harmonie fluette, euphorie solitaire ? M’enquis-je.  « Et bien, j’ai profité de mon séjour à l’étranger pour apprendre le français ».

Puis, enhardi par son breuvage à la cannelle, il raconte ensuite que c’est seulement grâce à ses 12h de cours quotidiennes et facultatives que J. partit faire un Interail Stockolhm, Amsterdam, Bucarest, Budapest, Ljubljana, Vienne, Berlin et Prague en 7 jours.

Il glisse en pouffant « j’ai justifié l’achat de cette carte du monde à gratter », avant de regarder passer deux jeunes femmes sac de rando aux épaules, la main serrée sur son gobelet déjà comprimé.

C’est lors de son périple, dans un train couchette, qu’il rencontra Olga et son accent pas français ni allemand, c’est-à-dire sexy ; 95D et C1, une sorte de Duolingo plantureuse dont il garda un souvenir impérissable et un sac Fjällräven garanti 2 ans mais de toute manière c’est très solide, il ne s’en fait pas.

V.Z.

Related posts:

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*