De l’extase à la douleur… Un après-midi au FIFIB

De la douleur à l’extase : c’était le thème du FIFIB, déjà célèbre pour une programmation hétéroclite et pointue.
« Pointue » voilà un terme un poil abstrait…et pourtant cela prend sens après le visionnage d’un film comme Obey, premier long-métrage prometteur de James Jones.

UN COUP DE COEUR 

A lire le synopsis on pourrait s’attendre à une certaine dose de pathos et pourtant c’est une vague d’émotions qui s’abat sur nous .. le spectacle flamboyant d’une lutte se mettant en marche, brisant les injonctions à l’obéissance (d’où le titre « obey »), obéissance envers un milieu social- famille, des amis et surtout envers soi même.

Pour son premier long-métrage, James Jones nous embarque à Londres, où l’on suit l’histoire de Léon (Marcus Rutherford), dont l’adolescence a été marquée par l’absence d’un père abusif et des séjours successifs en foyer. A 19 ans, il choisit de rentrer à « Hackney », son quartier, afin d’aider sa mère (T’Nia Miller) alcoolique et instable, tout en vivant en foyer..la violence du quotidien est lourde à supporter pour ce jeune garçon de 19 ans. C’est avec des plans serrés, concentrés sur un visage marqué par la pression de l’extérieur, que James Jones nous fait ressentir les indignations qui s’élèvent dans le coeur de l’adolescent.
Léon se réfugie  dans la boxe, un exutoire vital dans cet univers hostile dans lequel il suffoque.

C’est dans ce contexte très difficile, qu’éclatent les émeutes de 2011 (déclenchées par la mort de Mark Duggan) et que parallèlement Léon tombe amoureux de la belle et révoltée Twiggy (Sophie Kennedy Clarke), qui vit en  rupture avec la bourgeoisie londonienne dont elle est issue.

Twiggy, profondément insouciante, déambule de squats en squats au rythme de ses envies, à l’inverse de Léon qui peine à réaliser les siennes. Leur lien naissant lui permet d’échapper à l’agitation londonienne une fois la capitale entièrement embrasée.

Mark Duggan, un jeune britannique métisse de 29 ans avait été blessé par balle par des policiers de Tottenham dans le nord de l’Angleterre en 2011. Décédé suite à ses blessures, la justice n’avait pas donné suite aux accusations envers les policiers, qui soupçonnait le jeune homme de porter un pistolet, les déclarant « dans leur droit ». Sa mort a déclenché une grande vague d’émeutes à Londres.

En marge de l’attirance de Léon pour Twiggy, on découvre le regard prenant de James Jones sur les émeutes de Londres. Alternant entre archives et affrontements policiers, le travail du réalisateur nous embarque véritablement dans l’atmosphère des émeutes.
On y voit une police tantôt violente, tantôt impuissante à maitriser la colère sociale. Jones fait avant tout comprendre, sans cacher l’opportunisme criminel, que les émeutes s’inscrivent dans un cadre plus vaste que le meurtre de Mark Duggan, bien éloigné d’un simple combat contre les casseur, comme l’avait proféré David Cameron.
En offrant au spectateur un regard sans compromis sur la société britannique, Jones réussit à aller plus loin dans une oeuvre pourtant dénuée de tout militantisme politique. Son film s’il en dit souvent peu, montre énormément et m’a amenée a m’interroger sur une société ou les classes de côtoient sans se croiser, s’ignorent… l’espoir disparaît petit à petit, jusqu’à l’écran noir.

Trailer :

https://www.imdb.com/title/tt6145764/videoplayer/vi3316038425?ref_=vp_pl_0

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