À défaut de convaincre les citoyens, François Hollande trouve son public à Bordeaux

Plus aucun doute sur ce qui a fait chavirer le coeur de Julie Gayet. C’est avec un brun d’humour que l’ex-président de la République a, vendredi 1er décembre, relevé le défi du Grand Oral des rencontres Sciences Po/Sud-Ouest, sur le thème de « la mondialisation vue depuis l’Élysée » au TNBA (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine).

C’est donc à Bordeaux que François Hollande a réservé sa première conférence avec la jeunesse, élément central de sa campagne présidentielle en 2012. Un privilège pour les étudiants de Sciences Po d’être le premier jeune public à rencontrer celui qui aurait décliné les invitations des prestigieuses universités d’Oxford et Cambridge. C’est l’air détendu que le président socialiste a dressé le bilan de son mandat, un an jour pour jour après l’annonce de sa non-candidature à l’Élysée.

 

« Je vous parle de survie de l’espèce et vous rigolez ! »

Drôle d’exercice pour un président. C’est accompagné des dessins réalisés par les caricaturistes de Sud-Ouest, que François Hollande a relevé le défi du Grand Oral pour la troisième fois en répondant aux questions des étudiants de l’IEP et du rédacteur-en-chef de Sud-Ouest, Yves Harté.

« Nous l’avons inversée la courbe du chômage, vous le savez ? » a-t-il rétorqué à un dessin caricaturant l’agence Pôle Emploi.

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« L’écologie a gagné la partie »

Ils sont ainsi revenus sur le retrait des États-Unis des accords de Paris élaborés lors de la COP 21 qui avait pourtant été « la » réussite du quinquennat. Comme ses homologues étrangers, François Hollande « n’imaginait pas que Donald Trump puisse être élu ». L’impact immédiat de la décision du président américain reste limité : une des clauses de l’accord stipule que si un pays souhaite se retirer de l’accord après l’avoir signé, un délai de 3 ans s’impose à celui-ci afin qu’il puisse se soustraire à ses obligations.

 

Terrorisme : « Daesh a perdu »

C’était inévitable. François Hollande ne pouvait échapper aux questions relatives au terrorisme. Coïncidence : au moment même où il revient sur sa politique menée en termes de défense et de cybersécurité, on apprend par FranceInfo qu’un explosif a été trouvé en Allemagne dans un marché de Noël.

Malgré les multiples attaques perpétrées sur le territoire français, François Hollande a souligné la défaite de l’organisation terroriste qui n’occupe plus qu’une infime partie de la Syrie. « L’arme la plus efficace c’est la cohésion sociale » a-t-il confié.

 

Culture : la France, un pays influent

Autre fait marquant du quinquennat socialiste : l’échec du Tafta (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement). François Hollande est revenu sur les négociations périlleuses avec l’ex-président américain Barack Obama qui n’ont finalement pas abouti. « Nous ne lâcherons jamais sur la question culturelle », a-t-il déclaré en soulignant la menace des GAFA (Google Apple Facebook Amazon) qui tend vers une uniformisation des goûts et des choix.

Soulignant les enjeux de la francophonie, l’ex-chef de l’État s’est félicité de l’ascension d’Audrey Azoulay à la direction de l’Unesco : « je suis fier d’être révélateur de talent » a-t-il lancé en toute modestie. Toujours en quête de valorisation de la culture française, François Hollande encourage le développement des échanges entre des lycées français : « c’est important de connaître notre pays » a-t-il dit.

 

Et le foot dans tout ça ?

C’est sur une note plus légère que s’est conclue cette rencontre entre François Hollande et les étudiants bordelais. Passionné de football, l’ex-président n’a pas remis le maillot depuis la fin de son mandat mais affirme avoir repris l’entraînement « pour reprendre le combat ».

 

Caroline Robin

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